Depuis toujours, le travail de Christian Gosselin possède une dimension très organique (feuillage, corps, ossature,…). Cette fois, il part en quête du noyau du vivant, et de son assemblage, en renouant avec la technique de la mosaïque, qui, comme les cellules, procède d’une division de la matière – le terme de
‘mosaïque’ est d’ailleurs utilisé dans un sens métaphorique dans le domaine scientifique, et notamment en biologie, puisqu’à chaque étape du vivant, le tout laisse une large autonomie à chacune de ses parties.
Ainsi, Christian Gosselin découpe patiemment des petits carrés, qu’il peint à l’encre de chine, puis gratte, avant de les assembler. Des formes naissent, se composent, plus ou moins sombres, plus ou moins géométriques, comme effectuant lentement le mouvement qui les mène vers une structure plus stable et traduisant la multiplicité du vivant, dans des formats très différents, comme pour passer du macroscosme au microscosme.
A force de lenteur, de persévérance, d’obstination, le travail de Christian Gosselin fait alors apparaître des assemblages mystérieux, comme ces séquences ADN qui paraissent incompréhensibles et qui sont pourtant la vie-même.
‘Comment tout a commencé’, voilà la question que Christian Gosselin s’efforce de creuser dans ce nouveau travail, ces tableaux noirs et blancs nous laissent face à une énigme toujours renouvelée, toujours à déchiffrer, dans laquelle le regard est invité à voyager et à se perdre.

Emmanuelle Mougne                                                                                                                                                                                   parcours